
Vous êtes déjà à la retraite et vous vous demandez s’il est trop tard pour ouvrir un Plan d’Épargne Retraite ? Bonne nouvelle : la loi ne vous ferme aucune porte. La vraie question porte moins sur la possibilité que sur l’intérêt réel de l’opération une fois vos revenus d’activité derrière vous. Voici ce qu’il faut peser avant de signer.
Peut-on encore ouvrir un PER une fois à la retraite ?
Oui, vous pouvez ouvrir un PER même après votre départ à la retraite. Aucune règle légale n’interdit la souscription en fonction de l’âge ou du statut. Un retraité peut donc parfaitement détenir un plan d’épargne retraite individuel, l’alimenter par des versements volontaires et en tirer plusieurs avantages, à condition de bien comprendre ce qui change une fois la vie active terminée.
Le PER a été créé par la loi PACTE de 2019 pour unifier les anciens dispositifs comme le PERP, le contrat Madelin ou l’article 83. Contrairement à ce que son nom laisse penser, il ne se referme pas au moment du départ à la retraite : vous pouvez continuer à y verser, voire en ouvrir un nouveau.
À retenir avant d’aller plus loin :
- Ouvrir un PER à la retraite reste possible sans limite d’âge légale.
- Les versements volontaires restent déductibles de votre revenu imposable, dans une limite annuelle.
- L’atout majeur pour un retraité se joue souvent sur la transmission, surtout avant 70 ans.
- L’intérêt dépend de votre tranche marginale d’imposition et de votre horizon de placement.
Comment fonctionne un PER quand on est déjà retraité ?
Le principe reste le même qu’en activité : vous alimentez le plan par des versements volontaires, libres et sans montant imposé. Votre épargne est ensuite investie, le plus souvent en gestion pilotée par défaut, avec une part sécurisée qui augmente à mesure que vous avancez en âge.
La différence, c’est que vous remplissez déjà les conditions de sortie. Vous pouvez donc débloquer votre épargne, sous trois formes :
- en capital, en une fois ou de façon fractionnée sur plusieurs années ;
- en rente viagère, versée jusqu’à la fin de votre vie ;
- en combinaison des deux, une partie en capital et le reste en rente.
Attention à la fiscalité de sortie : si vos versements ont été déduits à l’entrée, le capital correspondant est soumis au barème de l’impôt sur le revenu tandis que les gains relèvent du prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d’impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux). Sortir tout d’un coup peut donc gonfler votre revenu imposable sur une seule année.
Quels avantages fiscaux à ouvrir un PER à la retraite ?
C’est le premier réflexe, et il n’est pas infondé. Même retraité, vous pouvez déduire vos versements volontaires de votre revenu imposable. Cette déduction reste plafonnée. Pour une personne qui ne perçoit plus de revenus professionnels, le plafond correspond à 10 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) de l’année précédente, soit environ 4 710 € en 2026 (10 % du PASS 2025 fixé à 47 100 €).
Bon à savoir : les plafonds non utilisés des trois dernières années se cumulent, et un couple marié ou pacsé peut mutualiser ses plafonds. Vous pouvez ainsi déduire davantage la première année.
Le vrai calcul à faire porte sur votre tranche marginale d’imposition. La déduction est d’autant plus intéressante que vous êtes imposé à un taux élevé (30 %, 41 % ou 45 %). Si vous n’êtes pas ou peu imposable, l’avantage fiscal à l’entrée devient marginal et une autre enveloppe sera sans doute plus adaptée.
Le PER est-il un bon outil de transmission ?
C’est souvent l’argument décisif pour un retraité. Un PER assurance permet de désigner librement un ou plusieurs bénéficiaires, qui recevront le capital hors succession en cas de décès. La fiscalité dépend alors de votre âge au moment du décès et non de l’âge auquel vous avez versé.
- Décès avant 70 ans : chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 €, puis la part taxable est imposée à 20 % jusqu’à 700 000 € puis à 31,25 % au-delà.
- Décès après 70 ans : l’abattement tombe à 30 500 €, partagé entre tous les bénéficiaires, le surplus étant soumis aux droits de succession.
Deux points comptent particulièrement. D’abord, votre conjoint ou partenaire de PACS est totalement exonéré de droits en cas de décès. Ensuite, c’est bien l’âge au décès qui déclenche le régime, ce qui rend l’ouverture avant 70 ans particulièrement stratégique pour préserver l’abattement le plus généreux.
Y a-t-il une limite d’âge ou des conditions à respecter ?
La loi ne fixe aucune limite d’âge pour ouvrir un PER individuel. En pratique, tout dépend du type de plan :
- le PER assurance, adossé à un contrat d’assurance, est le plus courant pour la transmission, mais les assureurs fixent souvent une limite de souscription, fréquemment autour de 70 à 75 ans ;
- le PER bancaire (ou compte-titres), plus rare, n’impose généralement pas de limite d’âge mais n’offre pas les mêmes atouts successoraux.
Autre condition : pour profiter de la déduction, vous devez être fiscalement domicilié en France. Sans revenu imposable en France, la déduction n’a aucun effet. Vérifiez aussi les frais du contrat (frais de versement, de gestion, d’arbitrage), car ils pèsent vite sur un horizon de placement plus court qu’en début de carrière.
Quelles erreurs éviter avant d’ouvrir un PER à la retraite ?
L’ouverture d’un PER après la retraite n’a rien d’automatique. Voici les pièges les plus fréquents :
- Miser sur le seul avantage fiscal à l’entrée. La déduction n’est un vrai gain que si votre taux d’imposition à la sortie est plus faible qu’à l’entrée. Pour un retraité déjà stabilisé, cet écart est souvent limité.
- Attendre après 70 ans. Franchir cet âge fait chuter l’abattement de transmission de 152 500 € à 30 500 €. Quelques mois peuvent tout changer.
- Négliger le blocage relatif. Même si vous pouvez sortir, une sortie en capital mal calibrée peut vous faire changer de tranche d’imposition sur une année.
- Oublier de comparer. Une assurance-vie ouverte tôt, un investissement en viager ou un simple placement peuvent parfois répondre au même objectif.
Face à ces arbitrages, un point avec votre conseiller bancaire, un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine reste vivement recommandé. Chaque situation patrimoniale est différente et un simulateur ne remplace pas une analyse personnalisée.
PER ou assurance-vie à la retraite : comment choisir ?
Les deux enveloppes se complètent plus qu’elles ne s’opposent. Ce tableau résume les grandes différences pour un épargnant déjà à la retraite.
| Critère | PER individuel | Assurance-vie |
|---|---|---|
| Déduction des versements | Oui, dans la limite du plafond | Non |
| Fiscalité de transmission | Selon l’âge au décès | Selon l’âge aux versements |
| Disponibilité de l’épargne | Sortie ouverte une fois à la retraite | Disponible à tout moment |
| Abattement avant 70 ans | 152 500 € par bénéficiaire | 152 500 € par bénéficiaire |
En résumé, le PER brille surtout si vous êtes encore imposé et que vous visez la transmission avant 70 ans. L’assurance-vie garde l’avantage de la souplesse et d’une antériorité fiscale acquise avec le temps.
Les questions fréquentes
Un retraité de 72 ans peut-il encore ouvrir un PER ?
Oui sur le plan légal. Dans les faits toutefois, de nombreux assureurs limitent la souscription d’un PER assurance à 70 ou 75 ans. Passé 70 ans, l’avantage successoral se réduit fortement, ce qui rend l’opération moins intéressante pour la transmission.
Faut-il verser régulièrement sur un PER ?
Non, aucun versement régulier n’est imposé. Vous alimentez le plan librement, quand vous le souhaitez et du montant de votre choix, dans la limite qui vous convient.
Peut-on récupérer son argent juste après l’ouverture ?
Comme vous remplissez déjà les conditions de départ à la retraite, vous pouvez demander la sortie en capital ou en rente. Attention toutefois à l’impact fiscal d’un retrait important concentré sur une seule année.
Le PER est-il soumis à l’impôt sur la fortune immobilière ?
Seule la fraction investie en actifs immobiliers imposables peut entrer dans l’assiette de l’impôt sur la fortune immobilière. La part investie en supports financiers classiques n’est pas concernée.