
En bref : vous pouvez donner de l’argent à vos petits-enfants sans impôts grâce à deux abattements cumulables, propres à chaque grand-parent et à chaque petit-enfant. L’abattement classique de 31 865 € (article 790 B du CGI) s’ajoute au don familial de somme d’argent de 31 865 € (article 790 G), soit jusqu’à 63 730 € exonérés par grand-parent et par petit-enfant, renouvelables tous les 15 ans. Le présent d’usage, la donation-partage, l’assurance vie et le démembrement complètent la panoplie. Montants en vigueur en 2026.
Quels abattements pour donner à ses petits-enfants sans impôts ?
La transmission entre grands-parents et petits-enfants relève de la donation en ligne directe. À ce titre, chaque grand-parent bénéficie d’un abattement de 31 865 € par petit-enfant, prévu par l’article 790 B du Code général des impôts. Cet abattement se renouvelle tous les 15 ans et s’applique quel que soit l’âge du donateur ou du bénéficiaire. Il concerne aussi bien une somme d’argent que des titres ou des biens.
À cet avantage s’ajoute le don familial de somme d’argent de l’article 790 G du CGI, lui aussi de 31 865 €. Il vise uniquement l’argent liquide remis par chèque, virement, mandat ou espèces. Deux conditions le régissent : le grand-parent doit avoir moins de 80 ans le jour du don et le petit-enfant doit être majeur ou mineur émancipé.
Les deux dispositifs se cumulent. Un même grand-parent peut donc transmettre 63 730 € sans droits à chaque petit-enfant tous les 15 ans. Comme les abattements sont personnels, un couple de grands-parents peut porter la somme à 127 460 € par petit-enfant.
Tableau des abattements applicables en 2026
| Dispositif | Montant exonéré | Conditions | Renouvellement |
|---|---|---|---|
| Abattement en ligne directe (art. 790 B) | 31 865 € par grand-parent et par petit-enfant | Aucune condition d’âge | Tous les 15 ans |
| Don familial de somme d’argent (art. 790 G) | 31 865 € par grand-parent et par petit-enfant | Donateur < 80 ans, petit-enfant majeur ou émancipé | Tous les 15 ans |
| Cumul des deux dispositifs | 63 730 € par grand-parent et par petit-enfant | Conditions du don familial réunies | Tous les 15 ans |
| Petit-enfant en situation de handicap | + 159 325 € supplémentaires | Sur justificatif | Cumulable |
Un exemple concret : Bernard, 68 ans, donne à son petit-fils majeur Hugo un virement de 63 730 €. La somme est entièrement exonérée car elle combine les deux abattements. Sa femme Michèle peut faire de même, portant le total transmis à 127 460 € sans le moindre impôt.
Le présent d’usage, un cadeau hors succession
Le présent d’usage se distingue du don. Il s’agit d’un cadeau offert à l’occasion d’un événement particulier : anniversaire, Noël, réussite à un examen ou mariage. Contrairement au don manuel, il n’a pas à être déclaré et n’entame aucun abattement. Il ne sera pas non plus rapporté à la succession.
La condition tient à son montant. Le présent d’usage doit rester proportionné aux revenus et au patrimoine du grand-parent. Aucun seuil légal chiffré n’existe et la jurisprudence apprécie au cas par cas. Un cadeau excessif au regard des moyens du donateur risque d’être requalifié en don manuel par l’administration fiscale, avec taxation à la clé.
Quelles autres solutions pour transmettre sans impôts ?
Au-delà des abattements directs, plusieurs mécanismes permettent d’optimiser la transmission vers les petits-enfants.
- La donation-partage transgénérationnelle : le grand-parent répartit une partie de ses biens entre ses enfants et ses petits-enfants au sein d’un même acte. Les valeurs sont figées au jour de la donation, ce qui évite les litiges futurs. Elle exige l’accord des enfants et le passage obligatoire chez le notaire.
- L’assurance vie : en désignant un petit-enfant bénéficiaire, les versements réalisés avant les 70 ans du souscripteur ouvrent droit à un abattement de 152 500 € par bénéficiaire (article 990 I du CGI), hors droits de succession classiques.
- Le démembrement de propriété : donner la nue-propriété d’un bien tout en conservant l’usufruit réduit fortement la base taxable. Sa valeur se calcule selon le barème de l’article 669 du CGI, en fonction de l’âge de l’usufruitier. Au décès, le petit-enfant récupère la pleine propriété sans droits supplémentaires.
Peut-on donner un bien immobilier à ses petits-enfants ?
Oui mais le don manuel et le présent d’usage ne peuvent porter que sur de l’argent, des titres ou des objets. La transmission d’un bien immobilier impose obligatoirement un acte notarié, sous forme de donation simple ou de donation-partage. Les mêmes abattements de 31 865 € s’appliquent, le surplus étant soumis au barème des donations.
Le recours au notaire s’avère d’autant plus utile que la loi protège les enfants, héritiers dits réservataires. Un grand-parent ne peut transmettre à ses petits-enfants que dans la limite de la quotité disponible, c’est-à-dire la part dont il dispose librement sans entamer la réserve de ses propres enfants. Sauter une génération sans précaution peut fragiliser l’équilibre de la succession.
Comment déclarer un don à ses petits-enfants ?
Même exonéré, un don manuel doit être déclaré par le petit-enfant bénéficiaire ou par ses représentants légaux s’il est mineur. Depuis le 1er janvier 2026, cette déclaration se fait en principe en ligne depuis l’espace particulier du site des impôts, rubrique dédiée aux dons. Le formulaire papier n° 2735 reste réservé aux situations où la voie dématérialisée n’est pas accessible.
La déclaration fixe la date du don et déclenche le délai de 15 ans. Elle sécurise aussi la transmission en cas de contrôle. Au-delà des abattements, les sommes sont taxées au barème progressif des donations en ligne directe, allant de 5 % à 45 % selon la tranche.
Cet article présente les règles générales en vigueur en 2026 à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. Chaque situation patrimoniale étant particulière, il est vivement recommandé de consulter un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine avant toute donation.
Questions fréquentes
Quelle somme peut-on donner à un petit-enfant sans impôt ?
Chaque grand-parent peut donner jusqu’à 63 730 € par petit-enfant sans aucun droit, en cumulant l’abattement de 31 865 € en ligne directe et le don familial de somme d’argent de 31 865 €, à condition d’avoir moins de 80 ans et que le petit-enfant soit majeur. Un couple de grands-parents peut porter ce total à 127 460 €.
Peut-on encore donner de l’argent après 80 ans ?
Oui mais seul l’abattement classique de 31 865 € (article 790 B) reste applicable, car il ne dépend d’aucune condition d’âge. Le don familial de somme d’argent de l’article 790 G, lui, n’est plus accessible passé 80 ans. Le présent d’usage demeure possible à tout âge.
Tous les combien peut-on renouveler une donation exonérée ?
Les abattements se rechargent tous les 15 ans entre un même grand-parent et un même petit-enfant. Une fois ce délai écoulé depuis la dernière donation déclarée, un nouveau don du même montant peut être réalisé sans imposition.
Faut-il obligatoirement passer par un notaire ?
Non pour un simple don d’argent, correctement déclaré aux impôts. En revanche, le notaire est obligatoire pour une donation immobilière ou une donation-partage transgénérationnelle. Son intervention est aussi conseillée pour préserver l’équilibre entre héritiers et sécuriser la transmission.